ETXEA

Après les projets et résidences d’artistes menées au centre Hélio marin de Labenne et à l’EHPAD d’Harriola de Saint-Pierre d’Irube, l’année 2020 sera l’année de concrétisation du projet Etxea « des fleurs sur leur chemin », entamé en 2019 et qui se poursuivra en 2021.

La Compagnie Kiribil travaille ainsi avec un nouveau public: des adultes schizophrènes et autistes, qui vivent au centre John Bost, dont la devise est « d’accueillir ceux que tous repoussent ».

Si le public est nouveau, il s’inscrit dans une continuité évidente, d’aller proposer de l’art à des personnes qui sont souvent oubliées. Le projet est même encore plus ambitieux, puisqu’il vise aussi à contribuer à faire évoluer le regard de la société sur les maladies mentales. Pour cela, la Compagnie Kiribil va pouvoir s’appuyer sur les outils méthodologiques et les expériences vécues aux EHPAD de Labenne (2018) et Harriola de Saint-Pierre D’irube (2019), mais va devoir aussi comme toujours tâtonner, chercher pour être au plus près des attentes et des besoins des résidents mais également des professionnel.les de santé.

Les objectifs généraux pour ce projet hors norme (pour la première fois, des artistes vont vire et partager le quotidien des résidents) peuvent être synthétisés ainsi:

1. Valoriser les résidents par l’acte de créer. Montrer que nous sommes tous des créateurs et que l’art est destiné à tous.

2. Partager, autour de l’art, artistes, résidents et professionnels, un quotidien différent, un vécu commun, épanouissant convivial et fédérateur.

3. Faire tomber les frontières intérieur/extérieur, jour/nuit, via une immersion d’artistes dans la vie des résidents et des professionnels.

4. Recréer et relancer une cohésion d’équipe pour les professionnel.les, avoir un même objectif autour de l’art: celui du mieux être de tous.

La méthodologie: Une concertation avec les professionnels pour un projet créé sur mesure par eux et pour eux

Dans tous les projets menés par Kiribil, la co-construction est au coeur de la démarche. Ainsi, les professionnel.les, tous métiers confondus, sont partie prenante de ce dernier afin qu’il s’inscrive de manière naturelle dans la vie de l’établissement, et que chacun puisse s’y reconnaître et donc le porter. 

Art et soins: un travail commun pour s’assurer du confort des résidents

L’autre enjeu est bien évidemment de travailler de concert avec les professionnels de la psychiatrie pour que les propositions artistiques soient toujours réalisées dans le respect des pathologies, du suivi médical des résidents, et de leur confort.

Des moments de partage autour de films documentaires comme base de discussion

Pour la première rencontre avec les résidents, les artistes ont organisé la projection du film documentaire « Zuri Madame » pour partager avec les professionnels et résidents l’expérience artistique vécue ales enfants réfugiés syriens au Liban. Ce point de départ a permis de donner à voir la force de l’art et toutes ses possibilités créatrices et de commencer à tisser un lien entre les artistes et les professionnels et résidents de manière décentrée. 

La proposition artistique

La proposition artistique (notamment concernant la thématique ou le fil rouge des interventions artistiques) sera donc réalisée et affinée sur la base des réunions de préparation du projet menées en amont avec les professionnels, la démarche étant bien de rechercher ensemble et de ne pas proposer quelque chose de l’extérieur qui viendrait se plaquer de manière non adapté à un quotidien et une réalité donnés.

Le parti pris de la résidence artistique immersive (des artistes présents pendant 5 jours et 5 nuits, 24h/24 avec les résidents):

Parce que faire tomber les barrières signifie comprendre comment les résidents vivent, vivre avec eux, et leur montrer que l’extérieur peut venir à l’intérieur, la Compagnie Kiribil construit ce projet autour de deux semaines de résidences artistiques immersives espacées dans le temps. Ces résidences seront les temps forts du projet, elles seront destinées à les rendre créateurs, à les faire s’exprimer différemment via, grâce à l’art. Vivre un même quotidien permet de fait de créer du lien, et est propice aussi à l’inspiration artistique. Il permet enfin d’instiller dans chaque petit moment de vie de la poésie. L’art et la poésie peuvent être partout, et chacun peut les utiliser pour égayer sa vie.

Les outils et les thèmes:

Les supports peuvent être variés, et adaptés en fonction des objectifs artistiques: musique, danse, théâtre, littérature (albums d’art), chant, dessin, poésie, arts plastiques et graphiques.

La proposition artistique pourrait se baser sur les thèmes suivants:

– Les émotions:

Parce qu’elles sont un sujet souvent difficile à aborder avec les résidents, travailler main dans la main avec les professionnel.les sur des ateliers artistiques sur cette thématique. Le Livre d’art pourrait être à la base de la proposition, et ensuite décliner les différentes émotions en abécédaires afin de les nommer, et de pouvoir peut être les appréhender via l’art, et en conséquence les percevoir différemment dans le quotidien de chacun.

– GAMMES – décliner de manière artistique le travail réalisé par la fondation John Bost sur ses références et repères:

La compagnie Kiribil a été particulièrement touchée par les phrases inscrites au fondement de la fondation, et pourrait imaginer un projet artistique pour contribuer à « mettre des fleurs sur le chemin ». Le travail de création artistique avec résidents et professionnels serait donc axé sur le « langage spécifique » créé par la Fondation John Bost. « Prendre part à une histoire », « Les petits pas », « le vivre ensemble », « donner une place à la fête », autant d’objectifs de vie qui pourraient aussi donner vie à un langage, une illustration artistique.

Des temps de restitution et de partage ouvert et hors les murs : 

Sur la base des ateliers menés, seront organisés des moments de partage des créations, pour donner à voir et valoriser le travail réalisé.

Une médiation et un témoignage: la réalisation d’un film documentaire:

La compagnie Kiribil a, de manière naturelle, a intégré la vidéo dans son projet culturel. Ainsi, comme pour d’autres expériences menées (au Liban dans un camp de réfugiés syriens, en résidence artistique à l’EHPAD d’Harriola à Saint-Pierre D’irube), la compagnie sera accompagnée de la réalisatrice Pascale Labout et de son équipe de tournage, qui a réalisé de nombreux reportages et documentaires pour la télévision. Les objectifs et intérêts seraient multiples:

– Contribuer à faire changer le regard sur le handicap et la psychiatrie et ainsi véhiculer les valeurs de la fondation.

– Contribuer à faire changer le regard sur ces métiers souvent dévalorisés.

– Garder une trace et un souvenir en images et mouvements, pour les résident.es et les professionnel.les du centre.

– Montrer, communiquer et faire connaître cette expérience à ceux qui ne l’ont pas vécue : les familles, les proches.

-Promouvoir et inciter à développer ce genre initiatives si porteuses pour tous notamment dans les structures médico-sociales.

-Montrer au grand public la force fédératrice de l’art et lutter contre les peurs et les a priori associés aux personnes différentes.